A moins de revenir de très longues vacances, vous remarquez probablement que l'heure est à la mobilisation autour de la dématérialisation des échanges. Les plates-formes électroniques, les administrations ou bien encore les autorités de certifications, tout ce petit monde s'accorde sur le bien fondé de cette dématérialisation qui génère des économies de temps et d'argent qui permet des gains en sécurité...
En la matière, l'Institut national de la propriété industrielle (Inpi) permet depuis plusieurs mois déjà de simplifier les procédures de dépôts de marques, brevets, dessins et modèles en les dématérialisant. Une société souhaitant déposer par voie électronique peut le faire en utilisant un certificat électronique remis par lD-Trust, autorité retenue par l'Inpi. Le contrat nouant l'institut et D-Trust s'achevant ce 20 juin, l'Inpi a réalisé un appel d'offres pour trouver un nouveau prestataire de certification électronique lui permettant de poursuivre, voire de développer son service en ligne.
La consultation lancée sur Internet intéresse plusieurs autorités qui, toutes sauf une, répondent par... courrier papier ! Devons-nous en conclure qu'elles ne sont pas convaincues par les échanges électroniques ??? Le plus drôle dans l'histoire est que l'autorité de certification retenue, en l'occurrence CertEurope (la seule qui avait répondu par voir électronique), a reçu de l'Inpi le contrat en double exemplaire pour signature par voie postale ! C'est sûr, qu'il s'agisse de dématérialisation, de certificat ou signature électronique, certains réflexes vont encore longtemps faire freiner les entreprises sur la voie du progrès !
Xavier Fodor, journaliste informatique et télécoms
C'est en effet assez étonnant... Mais au fait, quel intérêt pourraient avoir les entreprises à choisir la voie électronique ? Aucun. Comme de surcroît les habitudes sont faites pour être perpétuées, il y a peu de chances que les choses évoluent rapidement !
Rédigé par : Cyrille Emery | 19 juin 2006 à 21:18
La difficulté pour les autorités de certification, c'est justement de trouver un tiers qui certifie l'échange informatique. Comme on ne peut être juge et partie, l'autorité de certification pour l'échange est donc obligatoirement différente de l'autorité qui soumissionne à ce marché. Or tous les candidats potentiels sont forcément des concurrents !!!
Donc, dans ce cas précis, il n'y a pas d'autre recours que la réponse papier.
Rédigé par : Cédric LEULLIER | 20 juin 2006 à 12:41
En la matière, il y a un point qui me parait important : la sauvegarde. Pour la plupart des utilisateurs, l'intérêt principal du papier est l'archivage. Depuis toujours, on sait classer, stocker, archiver les documents papier. L'utilisation, souvent abusive, de la photocopie tranquillise les utilisateurs. D'ailleurs, je suis persuadé que les documents dématérialisés sont systématiquement re-matérialisés par l'émetteur comme par le destinataire. Quelles sont les sociétés qui ont une sauvegarde informatique parfaitement organisée ? A part les banques, je ne vois pas très bien. Et justement les banques ont su très vite et très bien dématérialiser la plupart de leurs documents.
Voici un exemple précis : dans un bureau d'étude, on doit rédiger un dossier d'appel d'offre. Le projeteur chargé de le faire demande à la secrétaire de lui imprimer le descriptif "Type" (un gros document), barre une grande quantité d'articles, sans intérêt pour ce dossier, et en rajoute quelques-uns. Le document papier, annoté, est confié à la secrétaire qui commence par rajouter sur la base "Type" les nouveaux articles, Crée un nouveau fichier par copie de la base, puis supprime tout ce qu'il y a lieu de supprimer. Ce nouveau fichier sera imprimé pour relecture etc. A ce stade là, qui attachera de l'importance à la dématérialisation des documents.
Enfin, il y a une solution intermédiaire qui me paraîtrait assez satisfaisante. Toutes les pièces de description : pièces écrites, plans, graphiques pourraient être dématérialisées, par contre l'acte d'engagement, qui ne comporte généralement que deux ou trois pages resteraient sur papier.
Rédigé par : Pierre Dolez | 24 juillet 2006 à 14:54