L’histoire(1) se passe en Suisse, et son héros s’appelle Stéfan Grass. Cet ingénieur agronome, au nom prédestiné, propose des panneaux(2) isolants à base d’herbe(3), celle des pâturages du canton de Vaud, précisément. Ces panneaux atteignent les performances des laines minérales, peuvent être livrées en toute épaisseur, en toute densité. Un produit homologué au niveau européen, et deux fois moins cher que les produits équivalents tirés du lin ou du chanvre. Chaque année, avec 1 hectare(4) de prairie vous isolez 7 maisons. L’inventeur a fait le calcul pour la Suisse. 2% de la surface totale de pâturage suffirait à répondre au besoin total d’isolants. La mariée est bien belle ! Mais ces panneaux sont encombrants, et sont chers à transporter. Voilà qui réduit le marché. Le procédé serait bon avant tout pour à la campagne ou les villes au cœur de bassins agricoles. Comme pour les laines issues de l’agriculture, lin, chanvre, mouton, il faut ajouter du sel de bore, afin de protéger le matériau contre le feu, les champignons et les rongeurs. Et puis il faut un liant, aujourd'hui du polyéthylène, et demain sans doute un produit à base d’amidon. La chaine industrielle de fabrication des panneaux est très bien rodée : en deux heures, vous en avez produit assez pour isoler un chalet. Une affaire née en Suisse, et en passe de se développer en Allemagne et en Irlande.
Une belle aventure industrielle et agricole à la fois, dont on peut tirer plusieurs enseignements au titre du développement durable.
Ce n’est pas toute l’herbe qui est utilisée pour l’isolation, mais la partie fibreuse de la récolte. Le reste, une fois séparé, est dirigé vers des digesteurs, pour produire du biogaz. Une valorisation maximum d’un produit tout venant, voilà une des clés du succès. Dans le cochon tout est bon, dans l’herbe aussi. Pas de déchet. Voilà une piste intéressante : au lieu de cultiver une plante dans un champ, en s’efforçant de tuer toutes las autres qui voudraient y venir, on se contente de faucher la prairie, et de trier ensuite la production. Ce procédé assure une récolte de biomasse bien plus importante, tout en réduisant fortement les entrants, les herbicides et autres produits.
Laisser faire la nature dans toute sa générosité, et exploiter la diversité de ses dons est bien plus efficace que de l’enfermer, de l’endiguer, de lui prescrire autoritairement ce qu’elle doit produire. « Faire avec », disait Gilles Clément(5). Ça marche bien mieux que d’aller contre, de forcer les choses.
Ensuite, ça n’a pas marché tout seul. Il y a eu un premier échec. Le projet initial était différent : produire de l’énergie en premier, et fabriquer des isolants en sous-produits. Et bien, il a fallu inverser les priorités, pour chercher un nouvel équilibre avec les mêmes ingrédients. Changer d’angle d’attaque, une autre clé du succès.
Une belle histoire, juste pour vous faire rêver, avec un peu d’herbe, tout simplement.
1 - Présentée dans LE MONITEUR.FR du 17 mars 2009
2 - Panneau, billet du 20 juillet 2008.
3 - Procédé de production baptisé Gramitherm®, proposé par Biomass Process solution (BPS) au sein de Granit S.A, membre du Technopôle de l'environnement d'Orbe.
4 - Hectare, billet du 23/07/2006 et n°30 dans Coup de shampoing sur le développement durable (www.ibispress.com )
5 - Voir la note Jardin du 22/03/2009

Je n'ai pas trouvé de thème sur le CO² dans votre Blog. Je me permets de vous adresser ce texte... S'il vous plaît, vous pouvez l'intégrer à vos idées et faire circuler l'idée...
Merci
CO2 ET L'INTELLIGENCE DE SIX MILLIARDS D'HUMAINS
On cherche comment limiter les émissions de CO2, comment le stocker. On ne cherche pas assez comment transformer ou utiliser ce CO2.
Le CO2 est aujourd'hui le gaz à effet de serre le plus dangereux pour le devenir de l'humanité sur la Planète.
Pour le combattre trois voies sont évoquées :
1 – Limiter les émissions : Cela semble irréalisable dans les délais compatibles, ce compte tenu des rivalités inter pays, de l'appât du gain, les visions à court terme de bien des décideurs et maintenant la dépression où chacun va vivre pour soi! Dés que la reprise pointera son nez, reprise par la consommation d'énergie, alors le taux de CO² ne fera que croître.
2 – Le Stocker : Est-ce un vrai choix? Quid des stockages défaillants?? Cela ne paraît pas très efficace non plus.
3 – Trouver des utilisations nouvelles du CO2 ou des procédés pour le transformer.
Cette troisième voie est trop peu explorée. Les recherches sont portées par des élites, des ingénieurs trop peu nombreux à consacrer du temps au sujet… Ils sont accaparés par d’autres tâches, et la relance du nucléaire sera sans doute un frein à cette recherche. Nous ne sommes pas suffisamment créatifs pour imaginer, inventer des solutions. Ce CO2, nous devons pouvoir " en faire autre chose "... Jamais l'humanité n'a vécu un tel challenge pour sa survie. C'est pourquoi le débat d'idées doit se situer au niveau de l'humanité tout entière avec la plus large des communications.
Ce que je propose, c’est faire appel aux millions d'internautes répartis parmi les six milliards d’humains qui mettront leur imagination et leurs compétences en synergie.
Même s’ils ne sont pas experts et ingénieurs, ils peuvent apporter des idées, échanger des expériences, confronter les cultures de la Chine et du monde occidental, de l’Amérique latine et de l’Afrique.
Aujourd'hui on peut utiliser des milliers d'ordinateurs de particuliers afin d'utiliser leur puissance de calcul. Nous devons faire pareil avec l'intelligence humaine, c’est-à-dire mettre l’intelligence humaine en réseau.
L’internet permet cette mise en synergie. Certains événements ont une portée mondiale – on l’a vu avec le film d’Al Gore. Profitons d’un de ces événements – le Earth Hour sans électricité, la « journée de la terre », le lancement du prochain film de Yann Arthus Bertrand, ou d’autres- et lançons l’appel aux internautes du monde pour qu’ils fassent remonter des idées sur la façon d’utiliser le CO2 en le rendant inoffensif.
Rien ne jaillira spontanément et tout de suite. Il faudra des années de remontée d’idées, de suivi par les ingénieurs et les chercheurs. Mais l’appel créera un terreau favorable aux découvertes et servira également à faire prendre conscience aux citoyens de la planète des enjeux de la lutte contre le changement climatique.
Bernard Reynier
Ingénieur Fondateur du CLUSTER BATIMENT ECONOME www.batimenteconome.com
Rédigé par : Berard REYNIER | 24 avril 2009 à 10:28
Cher Dominique Bidou, en tant qu'architecte ancien membre du groupe Bâtiments Agricoles & Paysages (on se croisait à la cantine du l'avenue du Maine en 76, 77, et on s'est revu à l'Ordre des Architectes à Marseille en 2004), je tiens à vous informer que l'isolation avec des bottes de pailles pourrait sortir de la confidentialité des castors et autres néo constructeurs aujourd'hui moins à la marge de l'économie de la construction, et ce grâce au développement de l'ossature bois et des exigences de l'efficacité énergétique : inertie de déphasage, régulation hygrométrique, compartimentage CF 1h ...
un problème vient de la raréfaction des botteleuses parallélépipédiques, m'enfin ya pire ...
Un groupe scolaire utilisant ces techniques est à l'étude à Issy les Moulineaux, architecte Sonia CORTESSE, BE (bois et paille) GAUJARD Technologies
Rédigé par : Philippe RAINAUT Architecte à EMBRUN | 03 mai 2009 à 17:50