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Commentaires

Régis

Vous avez tout à fait raison, il ne sert à rien d'opposer deux systèmes de manière artificielle.
Toutefois cela ne résout pas le problème des déplacements donc du développement durable quant bien même vous feriez des maisons "passives". Et de plus je ne vois pas ce que le label HQE résoudrait. Celà n'a aucun impact sur la conception (sans doute moins que la RT 2005). Pourquoi pas de Haute qualité Architecturale, de Haute Qualité Paysagère, urbaine ? J'ajouterai qu'un amas de maisons HQE ne fait pas un quartier HQE

réponse : Tout à fait d'accord, il ne suffit pas de faire des maisons HQE pour que le quartier soit HQE. Il faut travailler sur la structure même de l'aménagement, parcellaire, réseaux, plan masse, parties communes, et manière de gérer par la suite les parties communes, pour créer un aménagement (lotissement ou ZAC) de type HQE. Ce n'est pas en reprenant directement les "cibles" HQE et les appliquant à un aménagement. Il faut ajouter le réglement de la zone aménagée, qui donne un cadre pour les constructions à venir, en facilitant la démarche HQE. Une expérience est en cours pour mettre au point une méthode qui puisse être proposée aux opérateurs, et exigée des collectivités pour parvenir à un bon niveau de qualité pour ces projets (voir sur le site de l'association HQE, www.assohqe.org).
Quant à la mobilité, c'est un problème général pour les formes d'habitat diffus. L'habitat collectif ne peut être la seule solution, pour des raisons de type de territoires concernés et de demande sociale. La ZAC ou le lotissement bien conçu intègre la question des relations avec la ville ou le village, son centre et ses services publics, et apporte une réponse meilleure que la construction de pavillons diffus.

Thierry Lancelot

Vos commentaire sont plus que passionnent, j’ais l’impression que les lire me rendras mon intelligence, je cherche à alimenter mes arguments pour « vendre » des maisons à ossature bois, pouvez vous me parler « d’énergie grise ». Merci de nous donner l’envie.

Réponse : Merci de votre appréciation, elle fait plaisir. Je vais peut-être vous décevoir, mais je ne peux répondre à votre question sur l'ossature bois et l'énergie grise. Bien sûr, le matériau Bois est sympathique, mais il ne faut pas partir du matériau pour élaborer un projet, mais de la demande, du besoin à satisfaire et du contexte local et humain. Partir de l'analyse du besoin et non pas d'une solution à "vendre", malgré ses qualités potentielles. Si vous proposez une technique particulière, il vous faut voir en quoi elle répond à une variété de situations, et décrire le créneau où cette technique sera le plus efficace, en essayant d'élargir ce crénau. Pour l'énergie grise, incorporée dans les matériaux, elle n'est que de second ordre par rapport à celle consommée tout au long de la vie du bâtiment, pour le chauffer, l'éclairer, produire son eau chaude, etc. Il ne faut pas la négliger pour autant, mais l'intégrer dans un bilan énergétique global. L'ossature bois n'est qu'un élément du bâtiment, et au delà de la dimension énergétique, son intérêt réside plutôt dans la facilité d'adapter le bâtiment à de nouveaux besoins. La qualité de la technique constructive (chantier propre, rapidité de mise en oeuvre, ressource renouvelable, mais attention à l'origine du bois, etc.) et la souplesse qui en résulte pour la suite de la vie du bâtiment sont sans doute des arguments plus forts que la recherche d'économies d'énergie sur une toute petite partie du bilan sur le "cycle de vie" du bâtiment.

Stella Kyvelou

en tant qu'architecte, permettez-moi de dire que l'oeuvre architectural, doit, malgré tout, se vendre bien !

l'ossature en bois n'a que de qualités à présenter, plus le comportement anti-seismique, une campagne doit être basée sur la "soutenabilité" globale de ce type de construction...

BROUCHET André

Le co-housing aux USA, le co-habitat ou co-voisinage de nos amis canadiens, et les co-habitats des pays du Nord, sont-ils des "lotissements de qualité" tels que vous les décrivez et sont-ils à promouvoir en France et en Europe ? Les "oppositions" entre quantité et qualité devraient être résolues par une vision plus globale, ago-antagoniste, du Développement Durable, lequel peut, quelquefois, conjuguer ces deux aspects, si on dépasse, comme vous le suggérer justement, la vision binaire, trop commode pour être honnête...

Un de mes amis, ECO Business Angel, s'y intéresse. Qui doit-il rencontrer, en plus du SNAL dont vous parlez, pour approfondir la question et soutenir ou accompagner les expérimentations ?

Réponse : merci de votre réaction, et de la référence à l'approche "ago-antagoniste", qui conduit à dépasser les contradictions plutôt qu'à s'y complaire. Votre ami, Eco business angel, pourrait s'adresser soit à l'association HQE, qui anime l'expérience en cours sur une dizaine d'opérations pilotes, soit aux organismes qui soutiennent cette initiative, l'ADEME (le département en charge des relations avec le secteur public), et le Plan Urbanisme, construction, architecture (PUCA) au ministère de l'Equipement.

Géomètre anonyme

Je travaille dans un cabinet de géomètre. Je sais concrètement ce que le mot "lotissement" représente. Pour vous dire, j’ai envie de fuir ma région natale tellement que les perspectives de logement sont affligeante par leurs aspects et leurs tarifs. C’est moche, invivable, et irrespectueux de l’environnement.
Dans une commune, que je ne citerais pas, ils continuent à construire sur une zone marécageuse, c’est une catastrophe écologique ! Ils mettent du bitume sur des zones à l’origine dites « tampons » pour les eaux pluviales ! Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres.
Du coup je me désespère… J’aimerais continuer mon métier tout en me disant que je ne nuis pas à madame nature. Et même plus que ça : je veux être acteur du développement durable (DD). A votre avis, les cabinets de géomètre, qui ont une structure d’aménagement et d’urbanisme, ont-ils un rôle à jouer dans le DD et ont-ils leur place dans ce marché qui ne fait que balbutier ?
Je ne sais pas encore si je dois m’orienter professionnellement vers la fonction publique, les bureaux d’études ou un autre cabinet de géomètre (ayant une meilleur politique) pour être plus près d’une Approche Environnementale de l’Urbanisme.
Votre Blog est très riche.
Bonne continuation

Réponse : Merci de votre appéciation sur ce blog, et merci de votre témoignange sur les lotissements. Il est vrai que la cause du développement durable n'est pas gagnée, les mauvaises habitudes, les opérations douteuses ou baclées n'ont pas disparu ! Mon propos dans ce blog est de montrer qu'il valait mieux mettre les puissances économiques et les opérateurs au défi plutôt que de leur jeter la pierre ou de les culpabiliser. Il n'y a pas de fatalité du mauvais lotissement, et la formule de lotissement permet des opérations groupées, pour lesquelles de fortes exigences environnementales sont possibles. Il convient surtout de stimuler toute la chaîne d'acteurs, des élus aux particuliers acheteurs de parcelles, en passant par les professionnels, en donnant quelques pistes pour bien faire, et faire que ces pistes deviennent progressivement incontournables. Ce ne sont pas quelques bonnes opérations, qui comme l'hirondelle, feront le printemps, mais une évolution de fond des professions concernées. Des travaux sont en cours dans cette perspective, et je pense que la prise de conscience s'accélère. Pourvu que ce soit vrai !

LEBLANC Michaël

Bonjour,

Je suis maire d'une petite commune du PNR du Perche et tente depuis quelques mois d'apporter une réponse aux demandes croissantes de constructions. En absence de carte communale ou ZPPAUP, je gère au cas par cas, avec comme premiers réflexes de faire respecter le bâti ancien dans les projets de rénovation et d'interdire les constructions nouvelles mitant le paysage. Je reste convaincu, et suis conforté en lisant vos lignes, que la question des projets de constructions nouvelles en "lotissement" doit avant tout être posée sous l'angle de l'urbanisme avant celle de l'architecture. La création d'un nouvel ensemble d'habitations doit être, à mon sens, pensée dans son ensemble, intégrée par rapport à l'existant et non reproduire à l'identique les parcelles sans âmes de nos lotissements actuels. Ma commune dispose d'une parcelle d'1ha6 sur laquelle je souhaite monter un projet d'extension du village, tout en respectant son intégrité. Existe-t-il des projets de lotissement "reflechi" ? Quel organisme, type CAUE peut nous aider dans notre démarche qualité ?

Un grand bravo pour votre blog !

Cordialement

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A propos de ce blog

  • C'est par touches successives que le tableau du développement durable est composé sur ce site. Des touches construites à partir d'un mot, mot simple inspiré de l'actualité ou de la vie de tous les jours. Ni une encyclopédie ni un traité de morale, ce blog est une invitation à donner un sens au développement durable, au jour le jour, dans les actes, et avec une conviction bien accrochée : que nous avons tous à y gagner ! Chaque lundi.

A propos de l'auteur


  • Ingénieur et démographe de formation, Dominique Bidou a acquis la conviction que pour mobiliser nos concitoyens au développement durable, il ne faut ni leur donner de leçons, ni les culpabiliser, mais leur en donner envie. Ancien directeur au ministère de l’environnement et président d’honneur de l’association HQE, il est l’auteur d’un ouvrage sur le développement durable : « Tous gagnants, la dynamique du développement durable », publié aux éditions Ibis Press (2004) et de "Coup de shampoing sur le développement durable", également chez Ibis Press (2007).

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