Tourisme et développement durable : un couple tumultueux, car chacun sait que bien souvent le tourisme brûle sa propre matière première : la fréquentation et ses exigences dégradent les espaces, et chacun peut se représenter les grands ensembles touristiques qui dénaturent totalement les paysages et les milieux qui les ont attirés. La concentration saisonnière et les déséquilibres qu’elle engendre, la dégradation des relations humaines, les confrontations parfois brutales de cultures, les dangers du tourisme sur les autres secteurs de l’économie, les modes de vie, et l’environnement, les énormes besoins de transports qu’il nécessite, toutes ces évocations montrent bien que tourisme et développement durable ne font pas spontanément bon ménage.
Est-ce une fatalité ? Le tourisme est la première activité économique dans le monde, et en France en particulier. La réduction du temps que nos sociétés consacrent à la production de biens matériels fait naître des besoins d’occupations nouvelles ; la télévision, les satellites, les photographes nous font découvrir des paysages merveilleux que chacun rêve de visiter… Le tourisme et le développement durable sont condamnés à trouver un équilibre, et pourquoi pas des forces communes pour se soutenir mutuellement.
Comme dans le football moderne, tout commence par la défense, mais il ne faut pas oublier l’attaque.
La défense, c’est réduire les impacts négatifs du tourisme sur la vie sociale, les autres activités économiques, et l’environnement. On en parle souvent dans des colloques, le tourisme est facilement prédateur. Comment mettre un terme à cette dérive ? Il y a des chartes de bonne conduite, des procédures administratives, des études d’impact, des conditions à l’octroi d’autorisations ou d’aides financières, mais on sait que les intérêts en jeu rendent ces modes de régulation hasardeux et fragiles. Il ne faut pas les négliger, et il faut aller plus loin. Passons à l’attaque.
Il faut créer des solidarités entre le tourisme et les autres activités sur un même territoire. Le tourisme doit être la vitrine de la région, de la ville et non une activité parasite, exploitant sans vergogne un contexte et des richesses qu’il n’a nullement créés, au risque de les vider de leur substance. Les autres activités économiques doivent en être les premières bénéficiaires. Le tourisme doit exalter les particularités culturelles locales et les consolider, et non en présenter une caricature qui finira par les dénaturer et les dévaloriser aux yeux mêmes de ceux dont c’est le patrimoine. Des exemples de natures diverses existent de cette solidarité : produits régionaux, fabriqués toute l’année, en vente directe et pour longtemps, auprès de clients qui les ont connus en vacances ou en voyage ; gîtes ruraux permettant à des agriculteurs de se maintenir sur l’exploitation dans de bonnes conditions économiques ; implantations d’entreprises du fait de la qualité d vie offerte aux futurs personnels ; taxes sur les passages vers les îles au profit de l’environnement sur lesdites îles, etc.
Le développement durable, c’est comme un contrat qui marche bien : chaque partie est gagnante. Le tourisme est lié à un territoire et à ses ressources, naturelles, culturelles, historiques, etc. Il ne peut se développer durablement sans permettre à ces ressources de prospérer elles-mêmes et y contribuer.
Dominique Bidou

Bonjour,
En stage actuellement, je dois développer un intranet documentaire sur le développement durable.
Pourriez-vous m'indiquer des sites ou blog portant sur ce thème ?
Je suis également à la recherche de textes faisant références dans ce domaine. Où puis-je en trouver ?
Je vous remercie de votre précieuse aide.
Rédigé par : Perron | 17 juillet 2006 à 14:00
Il y a un point que je ne vois pas souvent évoquer en matière de développement durable, c'est l'acheminement de l'eau de pluie.
Le principe est simple : lorsqu'une surface est cultivée, en tout cas non bâtie, la presque totalité de l'eau rejoint les nappes sous-terraines. La construction, sous toutes ses formes, imperméabilise le sol. Les eaux sont collectées pour être évacuées par les égouts puis les rivières et enfin les mers et océans.
De gros travaux sont réalisés depuis longtemps pour régulariser ces afflux et éviter les inondations. Les petits bassins tampons réalisés un peu partout stocke l'eau , le temps de pouvoir l'éliminer par un "débit de fuite" dans les réseaux. Toute cette eau est perdue pour les nappes, donc pour son utilisation ultérieure.
Dans un très grand nombre de cas, cette eau pourrait être infiltrée dans le sol, comme elle pouvait le faire avant imperméabilisation. Il n'est pas du tout évident que ce mode de gestion de l'eau serait plus cher que le mode actuel. La problématique liée à la pollution est différente et ne devrait pas servir d'argument contraire.
Rédigé par : Pierre Dolez | 19 juillet 2006 à 13:34
Bonjour,
Lecteur assidu de votre blog, votre dernier billet sur le tourisme est très positif.
Le développement durable, c’est comme un contrat qui marche bien : chaque partie est gagnante.
Certes....mais il est des cas où l'on pourrait parler d'une théorie de l'apparence.
Prenons le cas du label Pavillon Bleu particulièrement d'actualité. Ce label environnemental est le gage d'une attractivité touristique certaine pour les communes bien notées. Bel exemple de liaison entre tourisme et environnement.
Paradoxe, une étude récente a démontré les effets pervers du Pavillon Bleu sur certaines zones du littoral français. L'obtention du label nécessite des aménagements, la plupart du temps très lourds. Ne serait ce que pour amener de l'eau non saline à proximité des plages. Sans rentrer dans les détails, certains écosystèmes ont été profondément bouleversés à la suite de ces travaux.
On se retrouve donc dans un système assez étrange dans lequel un label, à l'origine vertueux, devient parfois plus destructeur que protecteur d'un environnement attractif.
J'en profite pour vous signaler également la tenue d'un important colloque consacré au développement durable, et qui se tiendra en fin d'année au Touquet Paris Plage. Il y sera question des différentes problématiques du développement durable appliquées au secteur touristique. Notamment au travers de thèmes rarement abordés dans ce domaine. Par exemple : la mise en place de partenariats publics privés...). N'hésitez pas à me contacter si vous souhaitez obtenir plus d'informations sur ce grand rendez vous !
Rédigé par : Maxime Judd | 20 juillet 2006 à 22:25
La remarque que vous faites sur les solidarités à créer entre tourisme et autres activités du territoire ne pourrait t-elle pas être élargie à tous les aspects économiques et sociaux d'un même territoire sans pour autant remodeler toute une économie locale? Exemple simple des cantines scolaires quand les repas en liaison froide sont quelquefois acheminés de fort loin dans des secteurs pourtant producteurs de fruits, légumes, viandes, eux mêmes exportés au loin.
L'une des questions n'est t-elle pas, là encore, d'avoir le choix de faire autrement?
Rédigé par : Michèle ROCHE | 02 août 2006 à 10:03
je m'interroge sur l'économie d'une ville basée sur le tout-tourisme :comment lutter contre ce phénomème et pérenniser d'autres emplois que ceux des services dédiés au tourisme.
Rédigé par : jariod isabelle | 24 février 2008 à 16:01