Le Conseil régional de l’ordre des architectes d’Ile-de-France (Croaif) présentait hier soir ses vœux à l’ensemble de ses adhérents. Une cérémonie express…
Cinq minutes, montre en main ! Il n’en aura pas fallu davantage à Bernard Mauplot, président du Croaif - et Palme d’or pour un soir de la concision oratoire - pour formuler ses vœux 2012, face à « un avenir plein de défis qui nous donnent l’envie d’avancer. » Et de citer : la crise financière, les PPP, les réformes du droit de l’urbanisme, la dévalorisation des prestations intellectuelles, etc. « Des sujets qui nous poussent à innover et à nous structurer. » Les architectes se situent désormais « à la croisée du monde marchand et du monde culturel » dans une société « qui a besoin des architectes ». Mais, « A quoi bon des poètes en un temps de détresse ?» s’interrogeait déjà Friedrich Hölderlin (1770-1843). Alors, à quoi bon des architectes en ces temps de crise ? Serait-on tenté de se demander…
Nuancier
Pour y réfléchir – et y faire réfléchir – le Croaif a édité, en direction de tous les décideurs franciliens, un élégant petit « nuancier » intitulé « L’architecture au temps des c(e)rises : 12 idées toutes faites / 12 idées à faire ». Douze fiches pour asséner des contre-vérités trop souvent entendues et les déjouer : « l’architecture, c’est cher pour ce que ça rapporte », « les architectes, on leur demande de faire leur boulot, pas d’être indépendants », « l’architecture n’intéresse personne, d’ailleurs personne n’y comprend rien », etc. Brièveté n’est pas synonyme d’indigence. Robert Musil (1880-1942) le soulignait déjà dans l’Homme sans qualités : « Il est des activités intellectuelles où ce ne sont pas les gros livres, mais les petits traités qui font la fierté d'un homme. » Bref, je suis allé aux vœux du Croaif.
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