"Cher Jacques-Franck,
Cela fait maintenant une semaine que cette triste nouvelle m'est arrivée. Claude Vasconi, ce prince-architecte, haut en couleurs, généreux, qui nous avait accueilli dans son carrosse, durant l'une de ses oscillations Est-Ouest. Je n'ai pas oublié que c'est grâce à lui que nous avons fait connaissance. Un jour d'hiver, entre Metz et Luxembourg, puis Paris. Vasconi, un nom italien pour des attaches rhénanes. Et à la mesure de l'histoire de ce grand fleuve européen qu'est le Rhin. Tant d'allées et venues Nord-Sud et tant de traces culturelles dès le XVe siècle, tant de conflits et d'échanges croisés Est-Ouest, dès le XVIIe siècle... Claude Vasconi exprimait dans ses projets, cette conscience des territoires chargés de traces. Quant à moi, je l'ai rencontré "au fil du fer". Grand "sachant" des techniques constructives de l'acier, j'admirais l'emploi qu'il en faisait..."
Brigit de Kosmi, architecte.
Fin 2009
J'ai longtemps cru avec un tel nom qu'il était Italien, ce militant pour le logement social des années 80.
C'était l'époque des i. Purini, Ciriani, Vasconi, bien avant Ricciotti.
L'Italie, ça fait toujours rêver les architectes.
Mais il a vite abandonné sans la moindre oeuvre digne de grand intérêt pour réaliser de bien plus amples projets.
C'est oublier un peu vite quand même qu'il a commencé par nous construire le trou du cul de Paris, mais ... c'est certainement pas lui c'est l'autre ? .
On construit pas une carrière sur du vide.
Donc un peu étonné au début par la froideur de ses bâtiments, ses goûts pour les tôles étincellantes, ses détails technolos et ses
verroteries, pour finir par apprendre qu'il était bon sang ne
saurait mentir, teuton. Le bonheur est dans le travail....
Vasconi, c'est la première star des objets rutilants et son angle est saxon, un grand constructeur certes mais sans le souffle de l'artiste.
Il en faut bien de ces zélés serviteurs du politique et de
l'Industrie et il suffit juste d'acheter un grand chapeau noir pour
faire rebelle à la mode dans les salons de l'Académie.
Ses terres de prédilection nous sont pourtant devenues bien lointaines, représentatives de cette rupture entre la société civile et l'univers du pouvoir.
Ses projets étaient bien trop fidèles à ce bas monde contemporain et la mégalomanie ambiante l'a porté vers des cieux incertains à en faire se pâmer les Emirs et les Princesses .
Certains prétendent que là est le rôle de l'architecte, représenter,
mais le libre choix est de savoir quoi et pour qui.
Passées les commémorations humanistes pour l'homme au talent
incertain, la Cité doit-elle réellement lui rendre hommage ?
Pour ma part et sans ambiguïté, sans vouloir blesser aucunement ses proches (on choisit ses amis pas sa famille ), je n'ai guère le goût de me joindre aux flatteries posthumes de ce type de pub cosmétisante.
Pour parodier Sacha Guitry ;
Vasconi est mort ???
J'avais déjà oublié qu'il existait !
Michel-Olivier Dayot
architecte
Rédigé par : artfurtif | mercredi 16 décembre 2009 à 15:37