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mardi 16 décembre 2008

Commentaires

J'étais à New York lors du vernissage de la fantomatique Milène Guermont.. Oui, oui... Française résidant à New York ayant lu un article sur son travail, j'avais très envie de découvrir "en live" ce travail détonnant qui semblait plutôt innovant et sensible, à la lecture du papier..
Je me suis donc présentée à l'opening à 06.00 pm, comme l'annonçait les médias, très impatiente de rencontrer Miss Guermont, puisqu'il était précisé que les artistes seraient présents.
La galerie déjà noire de monde, j'ai donc demandé mon chemin, des fourmis dans les doigts à l'idée de toucher le "grand amour". Un homme charmant (le galeriste certainement) m'a donc guidée vers la salle où le béton devait me conter la sérénade... Là, au milieu d'une pièce vide, trois petites boules grises, posées à la va-vite sur du papier d'emballage plastique, reliées à une enceinte..
Bon, au delà de l'aspect inesthétique , aussi tragique que pathétique (un peu fumiste ?), pensons béton, touchons béton me dis-je!
Je me lance, presque intimidée... J'effleure le premier petit caillou... Rien... Je pose fermement la main sur le deuxième... Rien... J'empoigne alors le troisième...
RIEN!
Je recommence l'expérience une bonne dizaine de fois, mais définitivement, rien n'y fait, mister béton reste muet !!!
Je croise une autre artiste, exposant dans la salle d'à côté, et en profite alors pour lui demander où puis-je donc trouver Milène Guermont ????
Peut-être m'expliquera-t-elle de quelle manière parler à son "amour" pour que celui-ci me réponde?!
Là on me dit que Miss Guermont n'est pas encore arrivée..
Ah bon? Mais il est déjà 18h30, l'opening bat son plein, et voilà trente minutes que je tourne autour de trois cailloux morts... Je décide d'aller prendre un verre, et d'attendre encore un peu, en en profitant pour visiter les autres espaces de la galerie... (par ailleurs travaux intéressants des autres artistes, heureusement, sinon j'aurais vraiment perdu ma soirée et mon temps!)
15 minutes plus tard je décide de partir, en demandant à l'homme charmant qui m'avait guidée à mon arrivée si c'était normal que Miss Guermont ne soit pas là, mais surtout, si c'était mes ondes qui déplaisaient au béton, pour que celui-ci soit si impoli avec ses invités..
Il me répondit alors qu'il ne comprenait pas pourquoi Miss Guermont était en retard à ce point, et qu'effectivement ses oeuvres n'avaient pas l'air de fonctionner, puisque les sphères devaient produire des battements de coeur, chaque fois différents, pour chaque visiteur..
Il me dit néanmoins que ce devrait être réparé le lendemain et que je ne devais pas hésiter à repasser..
Repasser... Mouais...
Comment une artiste est-elle capable de se permettre d'arriver en retard à son propre vernissage ?
Je ne me l'explique toujours pas...
Quelques jours plus tard, devant faire une course sur la 8eme, j'en profite pour retenter ma chance auprès de "mon amour", car tout le monde le sait : le coeur a ses raisons que la raison ne connait pas... Après tout il est peut-être seulement capricieux cet amant...
Je retrouve l'homme qui m'accueille gentiment, mais qui ne semble pas me reconnaitre, je file droit vers la grisaille Guermont...
Touche, tâte, caresse... Rien, rien, rien !
Bon, je ne demande pas mon reste, appuie sur le bouton de l'ascenseur et peste alors contre l'article si prétentieux relatant le travail de miss Guermont.

J'ai ensuite rencontré des amis qui étaient allés eux-aussi au vernissage, mais un peu plus tard que moi, et leur ai demandé si ils avaient eu la chance d'expérimenter l'amour bétonné..
Pris alors d'un fou-rire, ils m'ont dit que jamais ils n'avaient entendu de battements de coeur, mais que par contre l'une des sphères leur avait donné une décharge électrique assez violente !
"Un faux contact, sans doute" leur a dit miss Guermont, oui car eux ont eu la chance de rencontrer l'artiste, arrivée enfin, sans excuse et si en retard. Et là, le fou rire les a repris...
La description du personnage m'a donné des crampes aux zygomatiques à moi aussi. Une jeune femme intarissable sur son sujet préféré, elle-même, et son béton désincarné...

"Vous ne pourrez vous forger une opinion sur mon travail que lorque vous l'aurez touché!
No touching, no tumbling!" écrit "l'artiste" quelques lignes plus haut.
J'ai vu, j'ai touché, il ne s'est rien passé. Trois boule posées sur du papier bulle et basta ! Etait-ce mon champ magnétique? Non, le propriétaire de la galerie m'a finalement avoué un peu embarrassé que l'installation n'avait jamais fonctionné, pendant toute la durée de l'exposition... Et "l'artiste" semblait s'en soucier comme d'une guigne, tout occupée à se vendre en minaudant auprès d'un journaliste. Milène Guermont semble faire partie de cette catégorie d'artistes chez qui le discours sur l'oeuvre prime sur l'oeuvre elle-même, le marketing sur l'émotion, l'ego sur la générosité - celle qui consiste à offrir quelque chose au spectateur, à partager.
C'est de l'imposture pure et simple.

Welcome in "MON AMOUR".
Vous ne pourrez vous forger une opinion sur mon travail que lorque vous l'aurez touché!
No touching, no tumbling!
Selon votre champ magnétique, mon coeur se mettra (ou pas) à battre. Donc RDV à Miami (gallery Bertin Toublanc) jusqu'en février pour "MON AMOUR" (créé pour ART BASEL) ou à New York (New Arts Center) en avril pour "MON AMOUR, encore".


Si vous n'êtes pas aux USA, RDV
-sur le pont du diable de R. Ricciotti pour "FIRST STEP".
-à la galerie d'art de Les Ateliers de Paris,Fg St Antoine jusqu'en février pour "CONCRETE SQUARE FEET".
-sur Second life pour "SECOND MOON".


Meilleurs voeux à tous!
Happy new year... "MON AMOUR"

elle est mimi, sexy, très eighty.
Attention les ongles quand même
Après ' Mon oncle' on a enfin trouvé ' Ma tante'

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    L'architecture ne se limite pas à elle-même : toute discipline se définit par son centre et par ses contiguïtés.

    Forts de ces convictions, les journalistes de la rubrique "architecture" du Moniteur vous font partager ici quelques-unes de leurs lectures, de leurs découvertes, de leurs rencontres et de leurs étonnements...
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    Architecte et journaliste, Jacques-Franck Degioanni est chef de rubrique "architecture" au Moniteur, service "Architecture et urbanisme".

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