En visitant le Musée de l'Orangerie ou bien celui du Petit-Palais, tous deux récemment rénovés - sans même parler du Grand-Palais - on ne peut qu'être médusé par les flots de lumière qui s'y déversent.
Rien de bien grave. Mais je me surprenai soudain à presque regretter une époque, somme toute pas si lointaine, ou ces mêmes lieux semblaient confits dans leur pénombre désertique aux odeurs de cire.
Guimet, le CNAM, Cernuschi, le Musée instrumental du Conservatoire, le Museum national d'Histoire naturelle, etc. Tous sont désormais savamment "mis en lumière", à grands renforts de fibre optique et autres merveilles de la technologie muséale.
Et je songeai encore à Tanizaki Junichirô qui, dans son "Eloge de l'Ombre" s'émerveillait de la luisance d'une simple laque dans la quasi obscurité d'un temple. Seul, peut-être, le Musée du Quai-Branly ressuscite semblable émotion...
Et justement, qu'en est-il de la nouvelle clarté du Grand-Palais? Suis-je le seul à me demander si l'effet plastique n'était pas plus heureux, autant que je m'en souvienne, avec le verre armé à peine translucide d'origine, comme on le resssent encore sous la coupole de la bourse du commerce qui arrête le regard sans le pousser jusqu'aux nuages?
Rédigé par : Blaise M. | mercredi 13 septembre 2006 à 01:39
De l'ombre à la lumière, le ying et le yang en quelque sorte.
Si, il demeure des lieux parisiens où les senteurs de papier d'Arménie peuvent encore à loisir se humer, à commencer par le Muséum d'histoire naturelle. Car si la grande galerie de l'évolution est toute de lumières (très Mitterrandien comme chantier finalement!) tel n'est pas le cas du vieux Muséum lui même, avec ses squelettes empoussièrés qui vont de paire avec ses pierres anciennes. A foison, on trouvera de la pénombre au Panthéon, aux Catacombes, au métro des Halles, etc. Mais le must, c'est à n'en pas douter l'église Saint Augustin, construite par Baltard, l'une des rares à posséder un dôme en acier. J'invite donc notre blogueur à se rendre vers ce temple incontournable de la lumière tamisée...et à s'y recueillir en songeant qu'à trop vouloir gagner en effets spaciaux, on finit par tout perdre. Comme disait Saint Augustin lui même, " si je me trompe, c'est que j'existe".
Rédigé par : Steve Carpentier | jeudi 31 août 2006 à 01:55