Pigeon corvéable
"Je veux bien admettre que ma gueule de voleur de
poules et mon accent de bâtard méritent peu de considération, mais ce
contrat scandaleux et méprisant n'incarne pas l'idée que je me fais de
l'Etat, de la démocratie et de la culture. Je veux bien admettre que
les pulsions fascistes et autoritaires puissent amener à ce délire
psychopathe, paranoïaque et tortionnaire, mais je ne veux pas me faire
enculer avec le sourire sardonique de la Joconde sans protester tout de
même.Par voie de conséquence, je vous prie de chercher le pigeon
corvéable à merci, plumable à souhait, docile (...). Je veux bien
renoncer aux exorbitants 20 000 euros d'honoraires pour toute cette
mission, et ainsi ne rien signer et travailler gratuitement, ce qui me
reviendra moins cher."
C'est signé Rudy Ricciotti, et promis, ce n'est pas à propos du contrat PPP.
L’autre témoignage nous provient de Rudy Ricciotti, Grand Prix national d’architecture 2006 et provocateur-né. Il s’agit d’une lettre adressée le 2 mai 2008 au Centre des monuments nationaux et dont une copie reçue au ministère, dûment tamponnée, circule dans la profession. Il y énonce les termes du contrat qui lui est proposé pour la poursuite de travaux qu’il a réalisés à l’abbaye de Montmajour, près d’Arles. Une ahurissante succession de pénalités permet de répondre à tous les cas de figure.
http://palimpsestes2.wordpress.com/2008/07/04/projet-d%e2%80%99architecte-et-maitrise-d%e2%80%99ouvrage-publique/
Rédigé par: sonia | 29 octobre 2008 at 16:53
Merci Sonia de me citer, je n'ai fait que reproduire en le commentant l'article du Monde, mais la question des rapports entre maîtrise d'ouvrage publique et maîtrise d'oeuvre est en effet à la fois passionnante et parfois décourageante...
Rédigé par: Emmanuel | 30 octobre 2008 at 15:34