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Commentaires

Herminejov

Il y a plusieurs points positifs dans ce projet:
- la prise en compte du développement durable dans la phase d'évaluation et des clauses sociales,
- la transposition des groupements commandes.

Il y a aussi de nombreuses incertitudes:
- "Le contrat de partenariat peut donner mandat au cocontractant pour
encaisser, au nom et pour le compte de la personne publique, le paiement par
l'usager final de prestations revenant à cette dernière." Cette disposition n'implique-t-elle pas la présence d'un comptable public pour manier des deniers publics?
- "2° ou bien que le projet présente un caractère d’urgence, notamment
lorsqu’il s’agit de rattraper un retard préjudiciable affectant la réalisation
d’équipements collectifs". Cette propositon ne correspond pas du tout à la notion d'urgence au sens du CMP et de la directive 2004/18/CE, qui doit forcément être extérieure aux pouvoirs adjdicateurs, ce qui ne semble pas exclu en l'espèce. L'incurie des pouvoirs adjuciateurs qui ne mettent pas en place les projets nécessaires justifierait-elle à tous les coups le recours aux CP? C'est permettre aux acteurs publics que se décharger trop facilement de leurs responsabilités, je trouve.
- "ou bien encore que, compte-tenu des caractéristiques du projet, ou des
exigences du service public dont la personne publique est chargée et des
contraintes qui pèsent sur celle-ci, ou des insuffisances et difficultés
observées dans la réalisation de projets comparables, le recours à un tel
contrat présente un bilan entre les avantages et les inconvénients plus
favorable que ceux d’autres contrats de la commande publique, en particulier
en termes de coût global actualisé ou de performance attendue, notamment
en termes de développement durable". Je trouve que les rédacteurs ont choisi une rédaction assez floue. Autre difficulté: les exigences du SP et les contraintes vont varier selon la nature et le poids de chaque pouvoir adjuditeur. Cela augure de nombreuses difficultés d'interprétation. Surtout, cette rédaction place finalement le CP sur le même plan que les MP et DSP, alors que la décision du Conseil constitutionnel réservait les CP comme un mode dérogatoire de la commande publique. Elle ne répond pas non plus aux exigences de la directive 2004/18/CE, qui n'autorise le recours au dialogue compétitif que dans des cas restreint. Enfin, le projet fait fi d'autres modes contractuels: le BEA avec option d'achat, le crédit-bail, l'AOT avec bien de retour...
- "III- Jusqu’au 31 décembre 2012, et nonobstant les dispositions figurant au II,
la personne publique peut conclure un contrat de partenariat ayant pour
objet:..." Même remarque sur l'alignement du CP par rapport aux autres modes de la commande publique. Si de telles dérogations avaient été accordées à la justice, à la police et à la gendarmerie, c'était parce que la notion d'urgence paraissait acquise, ce qui est plus difficile ici.

Maxime Judd

Je suis assez étonné par le contenu de ce projet. Rien sur le niveau des recettes annexes par exemple, alors que la question était largement débattue et avait même fait l'objet d'une proposition de réforme. Un peu plus de lisibilité sur l'urgence mais finalement, consécration des positions retenues par la Mappp. Dans l'ensemble, les travaux du "comité Novelli" me semblaient plus audacieux et c'est étonnant de ne pas en lire une reprise.

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A propos du blog

  • Maxime Judd
    est consultant au sein d’une société d’aménagement parisienne. Il est également le fondateur de Virage-Local, partenaire et conseil des élus locaux. Il poursuit un doctorat professionnel à propos des montages contractuels complexes dans le domaine du BTP, en collaboration avec le cabinet d'avocats Latournerie Wolfrom & Associés, et intervient régulièrement dans des conférences et formations sur ces sujets.
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