Dès demain, les passagers pourront emprunter les 406 kilomètres de la nouvelle ligne TGV-Est construite entre Vaires sur Marne (Seine-et-Marne) et Vendenheim (Bas- Rhin). Le résultat d'un chantier colossal, que vous pouvez consulter via de jolies vidéos sur le site de la LGV Est.
Au delà de l'exploit technique sur le matériel roulant, RFF s'engage pleinement dans les partenariats publics privés. Rappelons que le 1er mars 2007 a été publié l'appel public à candidatures pour la réalisation de la LGV Sud Europe Atlantique, de Tours à Bordeaux, sous la forme d'une concession. C'est la première fois en France que ce type de partenariat public privé sera proposé pour la construction d'une ligne à grande-vitesse. L'opération est estimée à 5 milliards d'euros.Le concessionnaire de la Ligne à Grande Vitesse Sud Europe Atlantique assurera dans le cadre des réglementations nationales et communautaires la conception, la construction, l'entretien, le renouvellement, l'exploitation et le financement du projet à ses risques. En contrepartie, il disposera des recettes produites par l'exploitation de la ligne.
RFF s'est également engagé dans le contrat PPP. La réalisation du réseau de télécommunication GSM-R s'organisera sous la forme d'un contrat de partenariat.
Enfin, on sait que la SNCF, exploitant du réseau, apprécie le recours aux montages contractuels complexes...
La SNCF utilise le "lease américain" dans le cadre de l'exploitation des rames de TGV, hors réseau Eurostar et Thalys.
Le lease US permet à la SNCF de préfinancer l'acquisition des rames, grâce à une utilisation astucieuse du droit fiscal américain. Le droit US permet au "propriétaire économique" du bien de l'amortir dans ses comptes et de bénéficier d'un crédit d'impôt. Techniquement, la SNCF confère la propriété économique des rames de TGV à un trust de droit américain dont elle est à l'origine. L'investissement que réalise ce trust US en étant propriétaire des rames est compensé par les bénéfices fiscaux obtenus par le crédit d'impôt....Et la SNCF peut disposer d'un parc de rames conséquent sans grever immédiatement ses actifs.
Schématiquement, la SNCF donne contre loyer la propriété économique de ses rames de TGV en location longue durée au trust de droit américain. En retour, le trust sous loue contre loyer l’équipement à la SNCF….Il s’agit d’une sorte de montage aller-retour au bénéfice de la SNCF.
La SNCF transfère la propriété économique du bien pour bénéficier de la législation fiscale américaine. Mais elle en conserve la propriété juridique. Les loyers versés par le trust à la SNCF égalent ceux versés par la SNCF au trust au titre de la sous location. Les loyers versés par le trust US à la SNCF font l’objet de placements financiers, avec intérêts. Ils permettent à la SNCF de payer ses loyers et de mettre en œuvre son obligation de rachat. Au terme du montage, les bénéfices procurés par la législation fiscale US sont plus importants que l’investissement de départ lié au coût du montage.
On pourrait imaginer l’extension de cette technique pour la réalisation d’équipements publics/privés même si un certain nombre de contraintes juridiques se poseraient eu égard à la nature publique du cocontractant....
Bon voyage !
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