Il y a quelques jours, on s'interrogeait sur la possibilité pour le Conseil constitutionnel d'être saisi de questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) relatives au droit de la commande publique. Eh bien c'est fait.
Dans sa décision n°2010-6/7-QPC du 11 juin 2010, le Conseil a jugé que l'article L. 7 du code électoral était contraire à la Constitution. Cet article s'applique aux personnes dépositaires de l'autorité publique, chargées d'une mission de service public ou investies d'un mandat électif public lorsqu'elles commettent certaines infractions, en particulier lorsqu'elles commettent un acte de favoritisme dans les marchés publics, de prise illégale d'intérêt ou de corruption. La radiation "automatique" des listes électorales prévue par l'article L. 7 emporte une incapacité d'exercer une fonction publique élective d'une durée égale à 5 ans. L'abrogation de l'article L. 7, a dit le Conseil constitutionnel, "prend effet dès la publication de la décision du Conseil constitutionnel. Toutes les personnes ayant été condamnées à cette peine automatique recouvrent la capacité de s'inscrire sur les listes électorales dans les conditions déterminées par la loi".
Pour abroger cet article, le Conseil a jugé que celui-ci faisait au obstacle au principe d'individualisation des peines, dans la mesure où la radiation pour 5 ans était automatique. "Cette peine est attachée de plein droit à diverses condamnations pénales sans que le juge qui décide de ces mesures ait à la prononcer expressément et sans qu'il puisse en faire varier la durée. Dès lors, cette peine accessoire, à la fois automatique et insusceptible d'être individualisée, méconnaît le principe d'individualisation des peines. Elle est donc contraire à la Constitution", a décidé le Conseil.
Lire la décision (Pdf).
Lire l'article du Courrier des maires.fr
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