Il paraît qu'on ne doit plus dire "buzz" -trop anglais- mais "ramdam", pour évoquer une nouvelle qui se répand à toute vitesse sur "la toile". Alors va pour "ramdam" : vous avez dû lire ici ou là que l'implantation et l'utilité des éoliennes font débat depuis quelques jours. Il a fallu l'intervention de Jean-Louis Bal, directeur des énergies renouvelables de l'Ademe, sur Le Moniteur.fr, pour rappeler que l'implantation des éoliennes en France n'est nullement anarchique, et qu'elle répond à des règles bien précises.
Reste l'utilité. De mauvais esprits dirons que l'éolien, c'est du vent, ce qui n'est pas tout à fait faux. C'est ainsi que Valéry Giscard d'Estaing s'est saisi de ce sujet et en a fait, tel Don Quichotte, le "moulin à vent" de sa colère. Il n'est plus le seul.
Le Figaro.fr a ainsi révélé le contenu d'un rapport d'information parlementaire qui doit être rendu public ces jours-ci. Piloté par Patrick Ollier, président de la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale, le rapport risque de provoquer de sérieux remous, selon le quotidien.
D'après le rapport, en effet, «Il est nécessaire d'évaluer, à intervalles réguliers, à quels coûts et pour quels avantages sont accordées les aides (au développement des énergies renouvelables) sur fonds publics ou encore supportées par le consommateur final», souligne le document dans son introduction, pointant du doigt l'idée qu'il y aurait de «dispendieux effets d'aubaine».
Le Figaro.fr rappelle que, depuis dix ans, le marché de l'éolien a augmenté de 25 % par an dans le monde. La France occupe la 7e place en puissance cumulée (4,5 gigawatts) loin derrière l'Allemagne (25,8 GW) mais devant la Grande-Bretagne (4 GW). Selon le document, ces installations se font au prix «d'importants surcoûts», notamment pour la valorisation de la tonne de CO2 évitée : «entre 230 et 240 euros la tonne, contre 2 euros pour l'isolation thermique».
Le Moniteur.fr contribuera à son tour au débat en mettant en ligne dans quelques jours l'interview de John Krenecki, vice-président de General Electric (1) et président-directeur général de General Electric Energy Infrastructures. Basé à Atlanta, cet immense conglomérat international est en effet le n° 2 mondial de l'éolien avec 18 % du marché (2). Il vient d'annoncer il y a quelques jours 340 millions d'investissements dans l'éolien offshore en Europe (propos recueillis pour Le Moniteur.fr par C. Emery. Vidéo et sous-titrage : Adrien Pouthier).
Loin des joutes politiques franco-françaises, John Krenicki a fait preuve de pragmatisme. Le pragmatisme, c'est ce que les nouveaux amis américains de Nicolas Sarkozy font de mieux. D'ailleurs, sans déflorer les propos du vice-président de GE, on peut tout de même dire qu'il nous a gentiment précisé que la France n'était pas la bonne échelle pour rentabiliser les énergies renouvelables ; l'Europe oui. Ça rend humble...
[MàJ] Interview de J. Krenicki sur Le Moniteur.fr
En photo : John Krenicki Jr. - DR.
(1) 300 000 salariés et 157 milliards $ de chiffre d'affaires en 2009.
(2) Le n° 1 étant de très peu le danois Vestas avec 19 %.
Les commentaires récents