Le 1er janvier 2010, la dématérialisation des marchés publics va franchir une étape. Ce sera un petit pas pour l'acheteur public, mais probablement un grand pas pour l'homo-numéricus...
Mais puisque tout est interconnecté dans le monde d'Internet, on ne peut que constater, avec un certain étonnement, que les réflexions actuelles sur l'avenir d'Internet, d'un côté, et la marche forcée de l'administration vers le "tout numérique", de l'autre, se poursuivent parallèlement mais qu'elles ne semblent jamais se rejoindre. Or, la vénération pour le "dieu Internet" trouve ses limites dans son origine même : Internet n'a pas été conçu pour faire tout ce qu'on lui fait faire aujourd'hui.
Créé à l'origine pour les besoins du Pentagone, Internet n'a jamais été dimensionné pour accueillir 200 000 000 de sites Internet, quelques milliards de postes informatiques, ni pour faire transiter autant de données simultanément au niveau mondial. Le Wifi vient compliquer le problème, notamment avec le succès de l'iPhone (suivi de près par les autres smartphones), qui font exploser la consommation d'Internet par les utilisateurs (je le sais, j'en ai un !).
L'IPV4 [qui formate les adresses IP (allouées en DNS ou en "IP fixe") sous la forme 255.255.255.255] est aujourd'hui à bout de souffle. Vous pouvez d'ailleurs le constater par vous-même (pour obtenir votre adresse IP, cliquez ici) : au début, l'IP de votre ordinateur familial vous était allouée pour 24 heures ; aujourd'hui, vous la gardez plusieurs jours, voire plusieurs semaines. La raison en est simple : il n'y a plus assez d'adresses IP à allouer à un instant "t". Mais le fait de ne plus modifier aussi souvent l'adresse IP des accès à Internet pose problème, notamment en termes d'anonymat et de sécurité. Or, la sécurité, comme chacun sait, est le point faible d'un système qui n'a pas été sécurisé dès l'origine au niveau mondial.
Alors que l'on célébrait il y a quelques mois les 15 ans du premier site Internet mondial au Cern, une assemblée mondiale sur l'avenir d'Internet aura lieu à Stockholm en novembre 2009. Le gouvernement français, à l'initiative de Nathalie Kosciusko-Morizet, de Luc Chatel et de Valérie Pécresse, a décidé d'organiser une consultation à laquelle chacun peut contribuer.
En ce qui concerne l'achat public, l'avenir d'Internet est intimement lié à celui de la dématérialisation des marchés publics. A peine plus d'un mois après le forum mondial de Stockholm, nous serons le 1er janvier 2010. Une date que les acheteurs publics connaissent bien. Et après, que se passera-t-il ?
Internet est-il "cassé" ?
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