L'ancien premier ministre Édouard Balladur remet aujourd'hui son rapport sur la réforme des collectivités locales au Président de la République. Les membres de la commission ont laissé filtrer, depuis quelques jours, des informations qui ont permis de se faire une petite idée, jusqu'à la publication du rapport.
Nicolas Sarkozy avait affirmé : "Le moment est venu de poser la question des échelons de collectivités locales car le nombre et l'enchevêtrement des compétences est une source d'inefficacité et de dépenses supplémentaires."
Pour
Le Monde.fr,
"Plusieurs propositions contenues dans une première version du rapport, présentée la semaine dernière, ont provoqué une levée de boucliers. Parmi ces mesures, la création d'un Grand Paris intégrant les départements limitrophes de la capitale, l'attribution de la clause de compétence générale à l'échelon communal seul, la suppression des cantons, l'élection commune des conseillers généraux et régionaux, et la réduction du nombre de régions de 22 à 15. Depuis, Edouard Balladur a revu son texte, notamment pour tenir compte des remarques de l'ancien premier ministre socialiste Pierre Mauroy, membre du comité, sur la création de métropoles régionales."
Mais certains aspects de cette vaste réforme - pas tous heureusement - ne conviennent pas aux élus, aussi bien à droite qu'à gauche. La réforme sera-t-elle "balladurable", c'est-à-dire "vendable" et "durable" ? Telle est la question. Il est un peu regrettable que cette idée, bonne en soi, n'ait pas été vendue en amont aux Français. Pour eux, la superposition d'échelons ne sert qu'aux intérêts financiers individuels des élus locaux. Cela n'est pas faux dans certains cas, mais c'est un épiphénomène par rapport aux enjeux financiers colossaux qui se dissimulent derrière ce vaste "Monopoly" territorial.
Il ne faudrait pas que les perspectives de suppression de la taxe professionnelle et de disparition d'échelons conduisent les élus à un attentisme qui serait dramatique en période de relance. N'oublions pas que les collectivités locales réalisent 73 % des investissements publics. La relance de l'économie passe donc surtout par elles.
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