Il en va des réformes en général comme de celle des marchés publics : l'administration a du mal à suivre le rythme effréné que lui impose le Président de la République. Même les ministres s'en inquiètent. C'est du moins ce qu'avance "Le Monde" dans son édition datée du 28 février 2009 : "L'Elysée ne parvient pas à assurer la mise en oeuvre effective des mille et une réformes annoncées à grand renfort médiatique. L'intendance ne suit pas. "Une fois qu'on a décidé, on n'est pas capable de suivre les réformes. C'est humainement, administrativement, impossible", affirme un conseiller de l'Elysée."
Même à Bercy, un ministère bien doté en moyens (et pour cause), on a du mal à suivre. Des fonctionnaires pourtant bien placés ont appris la suppression du seuil de 90 000 euros du Code des marchés publics en écoutant Nicolas Sarkozy à Douai, le 4 décembre 2008, alors que le texte du décret était déjà en phase finale ; un seuil finalement maintenu, comme s'y attendait
Jérôme Grand d'Esnon, l'ancien directeur des affaires juridiques de Bercy. Au-delà de la santé des agents publics, c'est la qualité de la norme qui en souffre. Le Code 2009 se trouve ainsi affecté de quelques erreurs dues aux interventions successives sur le texte, notamment en ce qui concerne la suppression des commissions d'appel pour l'État et les hôpitaux publics, ou encore la suppression de la double enveloppe. "Le Monde" se demande si, à mi-mandat, Nicolas Sarkozy peut encore faire évoluer la méthode qui a fait sa force en début de quinquennat : la rupture sur tous les fronts en même temps.
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