L'avocat Philippe Delélis a réagi au plan de relance annoncé à Douai par Nicolas Sarkozy. Répondant à une interview du site "e24", il estime que l'assouplissement du code aura peu d'effet sur les investissements. Extrait:
"L'impact attendu est de réduire les délais de procédure hors les procédures formalisées comme l’appel d’offres, pour lesquels les délais sont impératifs. L'assouplissement du code des marchés publics doit permettre d'améliorer la réactivité des administrations publiques et de gagner en moyenne un mois sur les procédures, soit 5 milliards d'euros de commande supplémentaire sur un an selon les prévisions du gouvernement. Il ne s’agit naturellement que d’une accélération ponctuelle, mais utile en période de crise. Mais un frein puissant risque d'agir. Dans toutes les procédures de marchés publics, qu’il s’agisse de l’appel d’offres, d’autres procédures formalisée ou de la procédure adaptée, toute infraction aux règles tombe sous le coup d'une sanction pénale spécifique : le "délit de favoritisme" ou, plus précisément, "le délit d'octroi d'avantage injustifié". Celui-ci sanctionne souvent de façon automatique les acteurs de la commande publique. Ils n'ont pas forcément violé une règle intentionnellement et ont encore moins cherché un enrichissement personnel (corruption, prise illégale d'intérêt… déjà sanctionnés par ailleurs), mais ils ont simplement manqué à une des nombreuses règles des marchés publics. Avec ce système, on sanctionne pénalement les erreurs commises dans une procédure administrative, ce qui n’incite pas au dynamisme des élus et des fonctionnaires : on les comprend...
L'autorégulation risque donc d'être très forte. Les acheteurs publics, notamment dans les collectivités locales, sont très prudents et risquent de préférer la procédure bien codée des appels d'offres et renoncer à lancer des investissements importants selon une procédure qu’ils doivent écrire eux-mêmes (la procédure adaptée) et qui peut plus facilement être contestée."
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