On a parfois du mal à se demander pourquoi la corruption est l'un des fléaux les plus redoutables dans nos sociétés. Et l'un des plus redoutés.
Il suffit de regarder le berceau de la démocratie, la Grèce, et le fer de lance des démocraties modernes, les USA, pour trouver un début de réponse. On y découvre des pans entiers de l'économie rongés par cette maladie sans âge. En Grèce tout d'abord, des étudiants, puis des citoyens se révoltent contre un pouvoir qu'ils accusent de corruption. 5ème Etat le plus corrompu d'Europe, la Grèce n'en peut plus d'offrir à ses Bac + 5 ou + 6 des salaires de misère de 600 euros par mois, alors que, de l'aveu même de la ministre de l'Education, le gouvernement lui-même... Enfin, bref, vous avez compris.
Quant aux USA, et plus spécialement à l'Etat de l'Illinois, qui a fait du professeur de droit public Barack Obama (47 ans) le premier président afro-américain des Etats-Unis, on apprend que le gouverneur Rod Blagojevich a été pris en flagrant délit de corruption, alors qu'il essayait de "vendre" au plus offrant le poste de sénateur libéré par le président nouvellement élu.
Mais il y a mieux. A la faveur de cette enquête, la presse américaine, reprise par "Le Monde", révèle que le "Chicago Tribune" "avait montré que 75 % des entreprises ayant versé des contributions de plus de 25 000 dollars dans les coffres du (gouverneur) démocrate avaient bénéficié de marchés publics."
L'affaire va encore plus loin puisque, d'après ces informations, le gouverneur de l'Illinois aurait menacé le "Chicago Tribune" de mettre fin aux subventions versées au stade Wrigley Fields, appartenant au journal, si son éditorialiste n'était pas licencié. L'homme était trop curieux, ce qui, aux yeux du gouverneur corrompu, n'était pas acceptable.
Et ce n'est pas tout. d'après le procureur de l'Illinois, Patrick Fitzgerald, "l'ampleur de la corruption mise au jour dans cette inculpation est stupéfiante", a-t-il insisté. "Blagojevich s'est impliqué personnellement dans un système de "je paie pour jouer" avec le zèle d'un commercial déterminé à atteindre son chiffre de ventes annuel."
Au pays d'Eliott Ness, et à la veille de la prise de fonctions d'Obama, dont personne ne met en doute la sincérité, tout cela fait mauvais genre.
Ces deux pays, qui ont donné le meilleur d'eux-mêmes au monde, lui donnent aujourd'hui à voir ce qu'il y a de pire. Et, comme dit une maxime, "la corruption de ce qu'il y a de meilleur est la pire". Les étudiants grecs ne disent pas autre chose.
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