Les blogueurs le connaissent bien. Dominique Fausser, ancien administrateur territorial, met fin à près de dix années d'aventure en cessant d'actualiser son site Internet Localjuris.
J'ai déjà eu l'occasion ici d'évoquer l'estime que lui portent ses collègues et, plus largement, la communauté des praticiens de la commande publique. Il a donné un style nouveau au débat sur ces questions, en n'hésitant jamais à poser les vraies questions : celles qui fâchent (même moi, c'est vous dire...). On dit souvent que les journalistes ne doivent pas cultiver l'amitié de leurs lecteurs mais qu'ils doivent cultiver leur estime. On peut dire que, de ce point de vue, Dominique Fausser a parfaitement su donner la première à ses visiteurs, tout en préservant la seconde.
J'aurais juste une remarque sur son dernier édito. Celui-ci indique en effet que Localjuris a été le premier "à diffuser les premiers projets de Code des marchés publics de 2004, cette insupportable intrusion dans la sphère des décisions ministérielles jusqu'alors accessibles aux seules personnes autorisées, a permis en 48 heures, que ce ministère se décide à pratiquer désormais une politique d’ouverture à la concertation publique de ses projets de textes relatifs aux marchés publics."
Malheureusement, je crains, Cher Dominique, que la "Glasnost" (Гла́сность : transparence en russe, littéralement "possibilité de parler") ne soit désormais un pieux souvenir. On pourrait comprendre que la direction des affaires juridiques de Bercy ne communique plus (ce serait même normal en fait), si un ministre (n'importe lequel, on n'est pas exigeant) voulait bien se charger de porter la parole du gouvernement dans ce domaine sensible que sont les marchés publics. Malheureusement, aucun des ministres de Bercy ne semble vraiment prendre l'affaire en mains. Et comme la concertation paraît à certains très artificielle, il n'y a plus beaucoup de dialogues entre les praticiens et les pouvoirs publics.
Il faut espérer que cela ne durera pas. Ayant été livré avec un optimisme chevillé au corps, j'ose penser que ce silence inhabituel n'est qu'une parenthèse et non une modalité nouvelle de l'action publique...
A chacun sa méthode. Celle de la DAJ actuelle se comprend d'ailleurs tout à fait, comme vous le faites également observer. Toutefois, il faut un interlocuteur à qui parler. Alors si aucune ministre ne veut se charger du dialogue avec les professionnels et si la Daj parle moins (il y a quand même l'OEAP, mais encore faut-il en être...°, qui va faire la liaison ? Une réponse me paraît importante et merci à Dominique Fausser pour sa franchise et sa compétence !
Rédigé par : Jean-Pierre H | 14 novembre 2008 à 11:20
En tant que practicienne des marchés publics, je remercie grandement D. Fausser pour la création du blog-forum Agorapublix.
Rédigé par : lutin | 14 novembre 2008 à 11:15
J'ai une explication sociologique à 2 balles sur ce phénomène. Je ne suis pas certain qu'elle soit juste, mais j'attends qu'on me prouve qu'elle est fausse.
En fait, dame B, DAJ de la rue Louise Weiss (on est rive droite, pas à Bercy), voue un amour passionné pour les marchés publics. Qui n'a pas lu une décision du CE dont le commissaire du gouvernement était dame B ?
Comme tout amour passionné, il est exclusif.
De plus, quand on a goûté à la construction prétorienne du droit, du haut de sa tour d'ivoire, difficile de ne pas continuer une fois aux commandes dans l'administration active ...
Spirit of Bercy
Rédigé par : Spirit of Bercy | 13 novembre 2008 à 21:43