"Quand les gros maigrissent, les maigres meurent." C'est ce que dit un vieil adage chinois. La dégringolade des marchés financiers atteint en tout premier lieu, on s'en doute, les financiers et les investisseurs. Mais s'en réjouir est un mauvais calcul. Ils sont atteints aujourd'hui, mais nous le serons tous demain si nos gouvernements ne prennent pas collectivement des mesures appropriées au niveau mondial.
Parmi ces mesures, une relance de type keynésien est évoquée. C'est-à-dire une relance par l'investissement public. On ne peut que soutenir une telle proposition, qui se trouve de surcroît justifiée par l'état de nos infrastructures publiques et par les nécessités du développement durable (normes d'accessibilité handicap, anti pollution, économies d'énergie dans les bâtiments, etc).
Là où le bât blesse, c'est que les Etats, et la France en particulier, ont laissé filer les dépenses publiques pendant des années, distribuant sans compter des subventions et des aides à qui mieux-mieux. Cela veut dire qu'aujourd'hui, une relance par l'investissement public ne pourrait être soutenue que par une politique d'emprunt public massif, alors que notre pays croule déjà sous 2 000 milliards de dette (en incluant le service de la retraite pour les fonctionnaires). Et que le pacte de croissance européen limite l'endettement à 3% du PIB.
Il existe bien une solution, une sorte de voie médiane, c'est le partenariat public-privé (PPP). Claude Martinand, le président de l'Institut de la gestion déléguée (IGD) avait évoqué pour "Le Moniteur" (en octobre 2007) cet aspect méconnu mais intéressant des PPP. Bien utilisés, ces contrats pourraient rapporter quelques points de croissance et stopper, à moyen terme, la chute des places financières. Et surtout, remettre à niveau nos infrastructures publiques en donnant du travail à nos entreprises.
Le problème, c'est que pour certains, les PPP ne sont pas "politiquement corrects". On se dit alors que la crise n'est peut-être pas tout à fait finie...
A lire cette semaine, le cahier détaché du "Moniteur" : "La réforme du partenariat public-privé".
Lire aussi : le déjeuner de Fortis à 150 000 euros, avec l'argent des contribuables, sur lepoint.fr.
Lire également, "Les élus inquiets pour les finances locales", Le Figaro, 9 octobre 2008.
Je note que le ministre des collectivités territoriales s'inquiète de la diminution des crédits disponibles pour les collectivités locales:
http://www.lemonde.fr/economie/article/2008/10/11/inquietudes-sur-le-financement-des-collectivites-locales-apres-la-deroute-de-dexia_1105764_3234.html#ens_id=1104637
Si les collectivités locales, par définition insusceptibles de faire faillite, ont dû mal à obtenir du crédit, je ne vois pas comment les entreprises pourront faire mieux dans le cadre de contrats de partenariat.
Rédigé par : Herminejov | 11 octobre 2008 à 18:00