L'AJDA du 9 juin 2008 publie un article intéressant (comme toujours, cela va sans dire...) signé par Jérôme Michel et Marianne Cessac, tous deux avocats au barreau de Paris. Les deux auteurs abordent la question de la cession de contrats et, plus précisément, les conséquences à tirer du silence persistant de l'administration lorsqu'un contrat est cédé.
Très justement, on est tenté en première analyse, de considérer que les contrats publics étant réputés conclus intuitu personae, il ne saurait y avoir cession sans consentement des parties. Mais quand le silence de l'administration contractante persiste, que faut-il en conclure ?
Passant en revue tous les arrêts utiles à l'approfondissement de leur étude (Association Eurolat, Territoire de Wallis et Futuna, Munoz, Ville de Châlon-sur-Marne, avis du Conseil d'Etat du 8 juin 2000, etc.), les auteurs finissent par conclure qu'il faudrait stipuler dans le contrat - en amont donc -, les conditions dans lesquelles devra être interprété le silence de l'administration dans l'hypothèse d'une cession de contrat.
Il reste que la notion d'intuitu personae ne s'apprécie pas de la même manière selon le type de contrat : dans une convention de délégation de service public, l'intuitu personae est au coeur du contrat, lequel comporte l'acte d'habilitation à assurer la mission de service public en cause. On imagine volontiers qu'en un tel cas, le silence ne saurait valoir cession. Mais dans un marché de fournitures, surtout si la fourniture ne change pas d'un titulaire à l'autre, comment apprécier la cession du marché ?
Beaucoup de questions donc, que cet article aborde avec esprit de synthèse et recul. Intéressant.
Les commentaires récents