"La montagne a accouché d'un souris".
Lionel Stoléru ne cache pas sa déception à la suite de la publication de la proposition de la Commission en faveur d'un SBA à l'européenne.
Elodie Cloâtre a fait le point dans Le Moniteur Expert sur les mesures envisagées en faveur des PME. Rappelons que dans son éditorial du 14 décembre 2007, Bertrand Fabre avait prédit le sort qui serait réservé à ce projet : "Le rapport Stoleru, en toute honnêteté, est donc allé aussi loin qu'il était possible d'aller : nulle part." Car il était hélas prévisible que les instances communautaires ne parviendraient pas à un véritable accord sur ce sujet. On verra bien si la présidence française changera la donne...
Il faut dire que les dirigeants européens sont passées maîtres dans l'art de nous rendre l'Europe détestable. Et quand on lit les incantations pro PME du rapport de la Commission, on se dit que les technocrates feraient bien de laisser la place aux politiques.
Quand les Européens s'interrogent, comme nos amis Irlandais, sur le sens de l'Europe, sur ses valeurs, l'Europe dégaine ses "quotas de pêche" ou son "SBA". Quand l'Europe se demande comment moderniser ses services publics, Charlie McCreevy annonce fièrement, le 24 juin, combien il est exaltant d'établir "un cadre réglementaire qui garantira aux citoyens un service postal universel, tout en limitant progressivement la portée du domaine réservé (envois de moins de 350 g initialement, envois de moins de 100 g à partir de 2002, envois de moins de 50 g depuis le 1er janvier 2006)." Palpitant en effet.
Quant au Sénat français, il se distingue en abrogeant, dans le projet de réforme de la Constitution, la disposition imposant un référendum avant toute nouvelle adhésion à l'Europe. On se demande si le Press Club n'aurait pas dû lui accorder le prix de l'humour politique avec une mention spéciale.
Comme diraient nos amis Suisses qui, eux, n'ont pas la chance de faire partie de l'Europe politique, "quand on voit ce qu'on voit et qu'on entend ce qu'on entend, on est content de penser ce qu'on pense". Ce qui n'est pas peu dire...
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