Le Master professionnel de Juriste territorial de Paris-II Assas organise, le vendredi 15 février 2008, une matinée consacrée à la prise en compte des enjeux environnementaux par les collectivités territoriales.
On pourrait croire, à première vue, que les élus locaux partagent largement les préoccupations exprimées à travers les média par les scientifiques, notamment à la suite du Grenelle de l'environnement. Il n'en est rien.
Tout d'abord, un constat : 100 % des municipalités suédoises sont aujourd'hui dotées d'un Agenda 21, contre... 0,8 % en France. Ensuite, la nécessité de faire du développement durable une priorité n'est pas partagée aussi largement qu'on pourrait le croire. Ainsi, une commune de 120 000 habitants visitée récemment ne dispose actuellement, ni d'un élu responsable, ni d'un service dédié aux questions environnementales, ni même de l'ébauche d'une politique coordonnée avec ses voisines. Il y a quelques semaines, c'est l'adjoint au maire d'une grande métropole régionale qui s'emportait en dénonçant les obstacles à la croissance posés par le Grenelle.
Dans un tel contexte, un débat sur l'appréhension des enjeux environnementaux au niveau local ne paraît pas superflu. Et la question ne date pas d'hier. En 1926 déjà, Albert Londres s'indignait que l'on osât couper des platanes pour faire passer les voies d'un tramway : "Je vous aurais conté, les larmes aux yeux, comment l'on venait d'abattre, pour faire place à un sale tramway, quatre-vingt-dix-sept des plus vieux platanes des allées de Meillan, et j'eusse profité de l'occasion pour envoyer au conseil municipal une philippique de derrière les fagots" (A. Londres, Marseille porte du Sud, éditions Jeanne Laffitte 2006, p. 158). Dire qu'aujourd'hui, les tramways sont présentés comme l'alpha et l'oméga en matière de transport public durable !
Comment, dès lors, concilier les besoins croissants de 6 milliards d'individus et la préservation de l'environnement nécessaire à leur survie (et à celle des autres espèces) ? Début de réponse, peut-être, le 15 février.
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