La 12ème conférence anticorruption d'Amérique centrale s'est achevée le 18 novembre au Guatemala. Les participants espèrent mettre fin d'ici 2010 aux réseaux d'argent sale dont le flux est évalué à environ 2,8 milliards de dollars par jour.
Nos confrères du quotidien "Le Figaro" notent que "l'argent sale pèse sur la vie économique. Selon Transparency International, les risques de corruption lors de l'attribution d'un marché public au Guatemala atteignent 90 %. Un système d'appel d'offres par Internet, Guatecompras, devrait garantir leur transparence, mais il est en fait contourné.
« Le plus simple est de confier ces appels d'offres à des ONG ou à des associations de droit privé, qui ne sont pas soumises à la même législation », explique Marvin Flores, un expert local. Une facilité qui a jeté le doute sur l'utilisation des fonds destinés aux victimes de la tempête tropicale Stan, qui a ravagé le pays il y a un an".
Le journaliste du "Figaro", Frédéric Faux, ajoute que, "dans les pays les plus pauvres, ces malversations cumulées peuvent avoir de graves conséquences : selon la Banque mondiale, un pays corrompu voit son revenu par habitant amputé d'un tiers. Toutes les nations, toutes les institutions sont touchées. La Banque interaméricaine de développement (BID), incontournable pour financer une infrastructure sur le continent, a ainsi reçu en 2005 près de 140 dénonciations portant sur l'utilisation de ses propres fonds, aboutissant à la sanction de 127 entreprises qui ne pourront plus y avoir accès. « Nous savons tous que les megaprojets dans la région n'ont jusqu'à maintenant pas été un exemple de transparence, estime Luis Alberto Moreno, président de la BID ... Il est temps de ne pas répéter les mêmes erreurs »".
Les 1000 experts réunis à Guatemala -la capitale du Guatemala- s'accordent donc pour dire qu'il faut lutter plus activement contre la corruption. La réglementation des marchés publics sert aussi à cela. Mais est-elle vraiment efficace ?
Sur l'actualité du Guatemala, voir le dernier article du "Monde diplomatique".
Le code général des impôts n'a jamais arrêté la fraude fiscale. Pourquoi le code des marchés publics arrêterait-il la corruption ?
Le croire est utopique. La vérité, c'est que le phénomène dépend de la société dans laquelle il se développe. Les pays scandinaves sont fermés à de telles dérives, alors que la Chine, par exemple, considère la corruption comme un fait social qu'elle ne juge pas vraiment nuisible ...
Rédigé par : Dimitri | 19 novembre 2006 à 09:41