Aujourd'hui, peu de nouvelles en matière d'achats et de contrats publics. Après tout "on n'est qu'un blog, n'est-ce pas ?".
Si de votre côté vous en avez, faites-nous un petit commentaire. Dans l'attente, on pourra toujours visiter avec profit l'excellent site achatpublic.info, qui nous livre son édition du jeudi.
Demain, Le Moniteur publie un sondage Ipsos/Le Moniteur, en partenariat avec France Info, sur les français et le logement. Pour ce qui nous concerne, il s'intéresse au retour du formalisme dans les marchés publics: la décision "Syndicat intercommunal des services de l'agglomération valentinoise" du 10 mai dernier en est le prétexte. A lire également, un grand article sur la gestion des subventions dans les collectivités locales.
A noter : l'Association des acheteurs des collectivités territoriales (AACT) organise ce 15 juin un colloque à l'occasion duquel Alain Ménéménis présente la réforme tant attendue du Code des marchés publics.
Bien qu'Alain Ménéménis soit particulièrement sourcilleux dès que l'on aborde la question, la date de publication du décret reste une question de première importance pour les praticiens, même si elle demeure inconnue pour le moment (première quinzaine de juillet sans doute). Ayant 15 ans de métier derrière moi, une participation à plusieurs centaines de commissions d'appel d'offres, plusieurs milliers d'enveloppes dépouiilées, plusieurs centaines de millions d'euros dépensés, je m'autorise à affirmer ce qui reste pour moi une évidence, et ce sans grand risque d'être démenti par mes ex-collègues : ils ont besoin de connaître approximativement cette date !
En effet si, comme l'annonce Jérôme Grand d'Esnon, le Code 2006 est d'application immédiate, il faudra sans délai :
- Procéder à une lecture comparée des Codes 2004 et 2006;
- Modifier le cas échéant les articles des différentes procédures auxquels il est fait référence dans les dossiers et avis type pour les MAPA, appels d'offres, concours, procédures négociées et dialogue compétitif;
- Adapter le cas échéant les clauses des documents type aux nouvelles dispositions relatives à l'accès des PME, à leurs modalités de paiement, vérifier si les règles concernant les avances ou acomptes ont été modifiées, etc.
- Tenir compte le cas échéant des modifications de la liste des renseignements et documents à produire au stade des candidatures;
- Vérifier s'il convient ou non de modifier les arrêtés de délégation de signature;
- Vérifier s'il convient ou non de modifier le périmètre des niveaux d'achat dans les collectivités d'une certaine importance;
- Adapter les guides internes de "bonnes pratiques";
- Adapter le cas échéant les dispositions relatives à la dématérialisation dans les règlements de consultation type (possibilité de présenter une "offre roue de secours" au format papier par exemple, possibilité de ne pas signer l'offre (si toutefois cette disposition est finalement insérée dans le futur Code).
Tout cela demande du temps, et nécessite l'intervention d'agents d'un certain niveau dans les organisations. Que faire si le chef du service des marchés est en congés en plein mois de juillet ?
Il est tout de même étrange que ces questions pratiques -de première importance- paraissent sans intérêt pour les autorités chargées de la réforme. Certains gagneraient à pratiquer le droit qu'ils conçoivent et qu'ils enseignent. Ils apprendraient beaucoup au contact d'une vraie commission d'appel d'offres, de vrais élus, de vraies enveloppes, de vrais formulaires DC5 (souvent mal remplis ou illisibles) et de vraies décisions à prendre en séance, dans l'instant.
Certes, on me rétorquera que tout cela vous a un petit air de "poujadisme". Mais il ne serait sans doute pas nécessaire de faire part de ces observations -un peu dérangeantes j'en conviens-, si l'avis des praticiens était sollicité de temps à autres.
Qu'il me soit simplement permis de préciser que ces critiques ne visent pas le patron de la direction des affaires juridiques de Bercy, lui même ancien praticien. On peut, certes, être en désaccord avec lui sur certains sujets - c'est mon cas. Mais cet homme-là à l'immense mérite, à mes yeux, d'écouter, d'échanger, et il faut lui être reconnaissant d'avoir publié à plusieurs reprises les projets de Code pour les soumettre à l'avis des praticiens.
Dans cette réforme tant attendue, c'est ce qui s'est passé ensuite qui est dérangeant. Le silence était certes imposé par la procédure en Conseil d'Etat. Mais dans ce cas, pourquoi le Rapporteur s'est-il autorisé des entorses à la règle ? Pourquoi est-il inconvenant de demander la date approximative de publication du futur Code, alors qu'il s'agit d'une information de première importance, au demeurant non couverte par un quelconque secret ?
Aux dernières nouvelles, c'est-à-dire à ce jour 15 juin, il paraît que la Section des Finances du Conseil d'Etat pourrait se réunir le 20 juin. L'Assemblée générale aurait lieu le 22 ou le 29 juin. A cette date, le Conseil d'Etat serait alors dessaisi du dossier. Nous verrons bien ...
Cyrille Emery
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